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Les enfants d’Ukraine risquent de devenir une génération perdue après cinq ans de guerre
Après cinq ans de guerre russe, les enfants ukrainiens font face à des déplacements massifs, une perte scolaire et des milliers de victimes. Des familles comme celle d’Oksana Drozdova luttent pour maintenir les liens culturels depuis l’exil.
Pechenihy, un village ukrainien aux maisons bombardées et immeubles soviétiques, illustre les ravages de la guerre sur la jeunesse. Oksana Drozdova, habitante locale, a fui en mars 2022 avec ses deux jeunes fils vers Schmallenberg, en Allemagne occidentale, alors que les forces russes occupaient les zones voisines. Sous les tirs constants pendant six mois, la moitié des résidents a quitté les lieux. Les 3,5 millions d’élèves restés en Ukraine subissent une perte d’apprentissage massive et une sous-socialisation due à la guerre qui entre dans sa cinquième année. Dans ce contexte plus large, des millions d’enfants ukrainiens sont dispersés à travers le monde, leurs enfances marquées par l’exil et l’incertitude. UNICEF rapporte plus de 3 200 enfants tués ou blessés depuis l’invasion russe de février 2022, et environ 20 000 autres enlevés. Les sirènes d’alerte et les frappes de missiles ponctuent leur quotidien, transformant l’école et la vie sociale en défis permanents pour une génération entière. Des histoires personnelles soulignent ces pertes. En Allemagne, Oksana Drozdova imposait à son fils aîné de 10 ans une journée scolaire allemande de 7 h à 16 h, suivie d’heures de leçons d’ukrainien et d’histoire pour préserver les liens avec la patrie. À Vinnytsia, Roman Oleksiv, âgé de 8 ans en juillet 2022, a perdu sa mère Halyna lors d’une frappe de missile sur un centre médical : « Je suis venu vers elle, je lui ai dit au revoir, et je suis sorti », se souvient-il. À Pechenihy, Olha Kyzim, directrice de l’école, et Oleksandr Husarov, chef de l’administration militaire, regrettent les départs mais priorisent la sécurité. Les familles reviennent peu à peu, espérant un retour des enfants. « La priorité est la vie », dit Olha Kyzim, confiante dans un possible retour malgré les blessures infligées à la société ukrainienne.