L'ADN ancien montre que des mâles néandertaliens ont fécondé des femmes Homo sapiens
Une étude d'ADN ancien indique que les intercroisements entre Néandertaliens et Homo sapiens impliquaient surtout des mâles néandertaliens et des femelles humaines. Cela explique l'absence d'ADN néandertalien sur le chromosome X humain.
Alexander Platt, généticien à l'Université de Pennsylvanie, et ses collègues Daniel N. Harris et Sarah Tishkoff ont analysé des génomes anciens et modernes. Leurs travaux révèlent un schéma d'intercroisements biaisé par le sexe entre Néandertaliens et Homo sapiens. Les mâles néandertaliens se seraient principalement accouplés avec des femelles H. sapiens, il y a environ 50 000 à 43 000 ans en Eurasie, et peut-être plus tôt, vers 200 000 ans ou davantage. Depuis 2010, les scientifiques savent que les humains modernes hors d'Afrique portent en moyenne 2 % d'ADN néandertalien. Certains groupes africains en ont jusqu'à 1,5 %, hérité de H. sapiens revenus d'Eurasie. Les génomes néandertaliens contiennent aussi des segments d'ADN humain moderne. Ce mélange s'est produit lors de plusieurs vagues après la sortie d'Afrique, il y a environ 600 000 ans de divergence entre les deux espèces. L'analyse des chromosomes X, le chromosome sexuel présent chez tous les humains, montre des « déserts néandertaliens », des zones sans trace d'ADN néandertalien. Inversement, les chromosomes X néandertaliens portent davantage d'ADN H. sapiens. Cela s'explique car les fils héritent du chromosome X de leur mère : des unions mâle néandertalien et femelle H. sapiens auraient transmis l'X humain aux descendants hybrides, diluant l'ADN néandertalien sur ce chromosome. Alexander Platt estime qu'on peut peu dire sur les raisons : préférence des mâles néandertaliens pour les femelles H. sapiens, ou l'inverse, ou les deux. Rien n'indique si ces accouplements étaient consentis ou forcés. « Nous pouvons dire que cela s'est produit sur plusieurs générations », note-t-il. Arev Sümer, généticienne au Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology à Leipzig, juge les preuves intrigantes mais conclut qu'il faut plus de données pour une revendication aussi forte sur les comportements. D'autres hypothèses persistent, comme la sélection contre les incompatibilités génétiques entre protéines des deux espèces, ou un « entraînement méiotique » où des éléments génétiques éliminent l'ADN néandertalien de l'X humain. Les chercheurs poursuivent l'analyse de nouveaux génomes anciens pour confirmer le biais. Des fouilles en Eurasie pourraient livrer plus d'échantillons datés précisément.
6 sources
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