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Éric Lombard estime à 50 000 le nombre de foyers fortunés échappant à l’impôt sur le revenu

Éric Lombard porte à 50 000 le nombre de foyers fortunés évitant l’impôt sur le revenu via suroptimisation, au-delà des 13 335 IFI du Sénat. Il met en cause l’exclusion des patrimoines financiers et maintient sa demande d’enquête.
Éric Lombard, qui a exercé les fonctions de ministre de l’Économie de décembre 2024 à octobre 2025 au ministère de l’Économie (Bercy), a relancé le débat sur l’évasion fiscale légale des plus fortunés. Vendredi, il a estimé qu’environ 50 000 foyers à haut patrimoine échappent à l’impôt sur le revenu en France grâce à des pratiques de « suroptimisation fiscale ». Ces montages, parfaitement légaux, consistent notamment à structurer les revenus via des actifs financiers comme les actions ou les contrats d’assurance-vie, minimisant ainsi la base imposable à l’impôt sur le revenu. Cette précision affine ses déclarations tenues le même jour à la radio, où il évoquait des « dizaines de milliers » de tels contribuables, et prolonge la polémique qu’il avait suscitée en janvier. Cette affirmation s’appuie sur une révélation du Sénat en février, fondée sur des documents du ministère de l’Économie relatifs à l’année 2024. Selon ces données, 13 335 foyers redevables de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) — qui cible les patrimoines immobiliers nets taxables dépassant 1,3 million d’euros — ne versaient aucun impôt sur le revenu. Éric Lombard juge cependant ce chiffre sous-estimé, l’IFI ne prenant en compte que les biens immobiliers et excluant les importants patrimoines financiers, tels que les actions ou les assurances-vie, qui ne sont pas assujettis à cet impôt. À l’occasion de ses récentes interventions, il a situé le nombre réel « entre les 13 000 identifiés par le Sénat, et c’est certainement moins de 100 000 », plaçant ainsi son estimation autour de 50 000 foyers concernés. Pendant son mandat à Bercy, il avait demandé aux services d’explorer ces pratiques. « J’avais demandé qu’on creuse le sujet. Et je maintiens d’ailleurs cette demande », a-t-il répété, soulignant un problème d’équité : ces ménages affichent un revenu fiscal de référence modeste au regard de leurs actifs mobiliers conséquents. Ce dossier dépasse l’impôt sur le revenu et interroge la fiscalité globale des patrimoines en France. Éric Lombard plaide pour une analyse intégrant l’ensemble des revenus et actifs fiscaux, dans le but de mieux appréhender les déséquilibres du système. Sans avancer de mesures précises pour l’instant, son insistance pourrait pousser les autorités à approfondir les investigations et à réviser les dispositifs existants pour renforcer l’équité fiscale.

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